13 février 2009
Les Passeurs sont nos Sauveurs !
Les Sans Papiers d’Amiens
Nous, sans papiers du département de la Somme souhaitons réagir à la proposition de Monsieur BESSON Ministre de l’Immigration. Il nous demande de donner le nom des personnes qui nous ont aidé à venir en France. La contre partie sera la délivrance d’un titre de séjour de 6 mois ! Pas grand-chose pour un acte méprisable.
Qu’est
ce qu’un passeur organisateur d’une filière d’immigration ?
Le Ministre considère qu’il s’agit de quelques individus malveillants et sans morale qui s’enrichissent en organisant des départs vers l’Europe. En fait pour la plupart d’entre nous il s’agit de nos familles et amis qui mettent en commun leurs ressources et organisent notre départ pour protéger nos vies et notre liberté. Nos familles et nos amis ne sont pas des passeurs. Ils sont nos sauveurs. L’OFPRA le sait.
Procédant une fois de plus par l’amalgame le Ministre, tente de s’associer la population Française pour, qu’avec lui, elle nous rejette, nous renvoie en prison, à la misère ou à la mort.
Nous désignons comme responsables les dirigeants des gouvernements de va en guerre qui de l’Irak à l’Afghanistan, de la Palestine au Caucase et à l’Afrique poussent des milliers d’entre nous à venir chercher un meilleur destin dans un pays riche, démocratique et soi disant égalitaire.
Nous voulons réaffirmer haut et fort que pour nous, les principaux responsables de notre immigration forcée sont les institutions financières internationales qui ont imposé partout les règles de libre-échange et du capitalisme financier soutenues par les gouvernements occidentaux parmi lesquels le gouvernement de la France. Monsieur Besson ministre figure donc parmi les acteurs qui créent les situations qui nous obligent à quitter notre pays.
Non,
Monsieur Besson, nous ne donnerons pas des noms.
Amiens le 17 février 2009
02 septembre 2008
France : Terre d'éceuils !
Nombre de migrantEs, fuyant la guerre, la pauvreté, la dictature et les désastres environnementaux, espèrent vivre enfin dignement sur Terre en rejoignant la France, « Pays des Droits de l'Homme ».
Malheureusement, à leur arrivée, ils/elles s'aperçoivent que la Liberté, l'Egalité, la Fraternité n'est qu'un Mythe Républicain, confrontéEs à la bureaucratie des préfectures, aux interrogatoires traumatisants sur leur passé souvent douloureux, à la Justice froide et procédurière, au racisme latent de la population, la réalité s'avère cruelle et pleine de désillusions.
Pire, ils/elles se rendent compte que le gouvernement Français ne les considère pas comme des êtres humains, mais comme des numéros, que l'on comptabilise cyniquement (6924 régulariséEs, 25 000 expulséEs... je retiens 2 et je divise par 100, le bilan comptable est bénéficiaire! « le passif » est « apuré »! ).
Cette négation de l'Humanité explique la guerre permanente que mène les forces de l'ordre à l'encontre des sans-papiers: contrôles au faciès, harcèlements au domicile, brutalités, arrestations, camps de rétention, expulsions. Il faut satisfaire les chiffres demandés par Sarkozy et non plus faire respecter la loi et être gardiens de la Paix. Sans compter la Sarkozysation des esprits qui touche parfois les avocatEs censéEs les défendre et la population qui devrait les accueillir comme des Frères/Soeurs.
Ces hommes, ces femmes, ces enfants, oppriméEs par l'Etat Français, ne bénéficiant d'aucun droit, réalisent que la France n'est pas une Terre d'Accueil, mais une terre jonchée d'écueils qui rend impossible la réalisation de leur vie.
Pourtant, comme nous, ils/elles ont des projets, des passions, des cultures, des connaissances à partager qui contribueraient à l'essor de notre Société.
Pourtant, ils/elles ne sont pas nombreux/euses (0,4% de la population française) et ne risquent pas de « voler notre travail » ou de nous « envahir » comme l'affirme l'extrême-droite et la droite extrême.
Pourtant, ils/elles ne pillent pas les richesses de notre Pays, contrairement, à certaines de nos entreprises, qui pillent les leurs.
Pourtant, comme nous, ce sont des êtres humains qui souhaitent simplement vivre sur cette Terre.
Leur lutte pour mener une vie décente est la nôtre.
C'est pourquoi, nous demandons la régularisation de touTEs les sans-papiers avec une carte de dix ans, l'abrogation des lois raciste et liberticide sur l'immigration, l'amnistie de toutes les condamnations pour séjours irrégulier et faits connexes (refus d'embarquement, travail illégal,etc.) et l'ouverture des frontières pour que chacunE puissent exercer son droit à l'existence !
05 juin 2008
Où sont la liberté, l'égalité, et la fraternité ?
Les mots se répètent en phrases familières
Mais il me semblent tellement maléfiques
Que la France est inhospitalière
Mais tellement belle et magnifique.
Doit-elle faire souffrir tant de gens innocents
Qui ne cherchent qu'un mieux être
Les mots se répètent, cette histoire ne mène à rien.
Certaines personnes pas comme les autres
ont honte de leurs pays et sa façon d'être.
Où est la valeur des mots
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, et FRATERNITÉ ?
Liberté, égalité, fraternité pour les expulsés !
Liberté de penser : pensez ce que vous voulez !
Liberté d'opinion : pas d'oppression !
Liberté de conscience : Bien sûr.
Les cris de souffrances résonnent contre les murs.
Et se perdent bien loin de la Préfecture !
Égalité pour tous : une réalité ou un pari ?
Il n'en restera qu'une utopie !
Fraternité. Somme nous vraiment des frères ?
Paroles en l'air !
Solidarité ? oui entre riches !
Mais entre pauvres, sommes nous riches de solidarité ?
Tant de gens ont à la place du cœur, une pierre.
Peut-on construire sur la haine quelque chose de pérenne ?
La porte que l'on ferme et que l'on me claque au nez
Me rend folle, furieuse et humiliée !
Pour mes papiers, je ne cherche pas la bague au doigt
J'ai ma fierté et mon honnêteté pour moi
Je ne m'attendais pas à une vie en rose
Je ne fais que défendre ma cause
Sang rouge, corps poussière. Ma couleur semble déranger
Certains refusent de m'approcher
Je ne suis pas une fleur que l'on arrose tous les matins
J'ai toujours la crainte d'avancer sur mon chemin
Je ne suis pas un objet que l'on réexpédie pour malfaçon
Je suis un humain, qui ne demande qu'un peu d'attention
N'aurais-je que des obligations et pas de droits ?
On me permet de disposer, de ma vie, de mon avenir.
Sans se soucier de ce qui me fait souffrir.
Alors qu'un simple sourire me remplirait de joie
Cette histoire est loin d'être réglée, tant que je serai persécutée.
Cette histoire est loin de se terminer
Et ayons le courage de ne dire jamais " jamais" !
Ghislaine TSILANIZARA
20 mai 2008
Afrique, mon Afrique
Afrique mon Afrique
Pourquoi t'ont-ils offusqué?
Oh ! Afrique mon Afrique
Des colons ont quasi tous débarqués
Dans le but de vouloir faire du mal
Ils t'ont trouvé organisée puis
L'aube levée ils ont tout pris
Des vaisseaux accostés ils ont rempli
Des plis crissés sous les yeux hagards
Ils ont disparus sous les vagues d'océans
Bien servis ils se sont servis de toi
Oh Afrique mon Afrique
Des fruits mûrs ils ont emporté
Des enfants affamé dans les cours
Des femmes enceintes dans les prêts
Ils ont pris tout, richesses et âmes
Oh Afrique mon Afrique
En t'imposant des systèmes évasifs
Afrique mon Afrique et mon âme
Que te reste-il en fin mon Afrique ?
Réveille-toi mon Afrique
Car ces hommes venus de loin
Et loin ils ne veulent plus partir
Le pillage n'est pas encore fini
Ils sont encore là près de toi
Afrique mon Afrique
Ils ont des armes qui tuent
Tuer est devenu presque un jeu
Et viennent le soir les pompiers
Qu'ils envoient pour encore piller
Dans leur vêtement humanitaire
Oh Afrique chère Afrique où es tu ?
Tes richesses, tes enfants tes femmes
Sous les flammes des armes vendues
A l'Afrique qui se meurt et meurtri
Tandis que les bosses se moquent
Les richesses amassées en monceaux
Pillée par ses propres enfants
Mon Afrique, oh mon Afrique !
Où sont les Bongo et les Nguesso
Qui se disputent l'honneur et ta dignité
Comme Dos Santos la dignité volée
Tes enfants meurent sur les routes
Tous partis sur la route de l'immigration
Oh Afrique mon Afrique que sens-tu ?
Ces Hommes Africains-Blancs sont là
Et les Premiers émigrés te reviennent
Qu'est-ce qu'ils ont la mémoire courte !
Puis accompagnés les expulsés courent
Ou meurent étouffés sous le regard des autres
Les coopérant s'installent et regardent
Ce sont des experts qui guident les autres
Les maîtres parmi les maîtres en Afrique
Les immigrés deviennent envahisseurs
Des pilleurs de jobs d'autres maîtres
Oh pleure mon Afrique tu vas mal
Tes enfants deviennent soldats,
Ces enfants dressés pour perpétuer
Et détruire l'Afrique mon Afrique
Afrique ils ne veulent plus de toi
En 2007, ils appellent tes enfants
Afrique mon Afrique
Ils t'ont accordé l'indépendance
Mais il gardent ferme l'injustice
Afrique mon Afrique
Pour que jamais tu ne t'en sorte
Oh mon Afrique réveille toi !
La colonisation continue et toi donc !
Afrique mon Afrique
Ils viennent chez toi quand ils veulent
Alors que toi chez eux tu es immigrée
Chez toi pas besoin de visas ou pas de tout
Chez eux les visas pour toi on ne peut jamais
Toi immigrée éternelle Mon Afrique ?
Tes pleurs de victimes ne sécheront
Réveille-toi mon Afrique
Sékou Bayo
09 avril 2008
L'HUMANITE
Si vous nous dites qu'on est des étrangers
Et vous donc, qui êtes vous, amis chers ?
Alors qu'on est sur la même terre
Et qu'on retournera en poussière
Nous sommes tous des passagères
Qui vivent, qui combattent à chaque galère
Toutes choses à ses fins
Nos plaisirs, nos doutes, nos chemins
Pourquoi ne pas profiter de nous tendre la main
Et de faire des choses en commun
On sait tous que chaque personne cherche son bien
Alors pourquoi les autres ne méritent rien ?
En sachant que quels que soit nos pays
On est tous pareils dans cette vie
Pourquoi tant de haine
Et faire toute une histoire de scène
Pourquoi distinguer, humilier, repousser
Alors qu'il n'y a pas de couleurs pour s'aimer
On dit toujours : Vive la France !
C'est vrai qu'elle en a de la chance
Mais la France ne serait pas telle qu'elle est
S'il n'y avait pas eu d'immigrés :
Reconstruction du pays, tirailleurs sénégalais.
On a tous le même coeur
Mais chacun a son bonheur
On a tous le même sang
Qu'il soit gris, jaune, rouge, noir ou blanc
Alors où est le droit de l'homme ?
Il s'est volatilisé ou effacé avec une gomme.
Une chose est sure
On affronte le plus dur
Car on est fière d'être nous
Et on est prêt à combattre jusqu'au bout
Quels que soient les lois et le pouvoir
Demain, c'est encore un autre jour d'espoir
Pour la victoire
(Ghislaine)
La France que j'aime
C'est la France qui ne m'aime pas,
C'est la France qui me rejette
Alors que la France avait besoin de moi.
La France ne voyait pas ma couleur quand elle s'appelait la Mère patrie !
Cette France là n'a plus besoin de moi :
La France invente l'immigration choisie
Alors que je me suis enfui en pleurs vers cette France
En espérant y sécher mes larmes !
La France j'y suis arrivé il y a longtemps
La France en qui j'avais mis mon espoir
C'est cette France là qui me désespère
C'est cette France là qui me chasse
Parce que je n'ai pas de carte de séjour.
C'est à cause de cela que je suis humilié par la France :
Du papier pour quoi faire ? Pour faire une différence ?
Quand j'entendais partout : droits de l'Homme,
c'est la France qui me parlait
Pour moi tous les droits étaient respectés en France.
Mais quand je suis arrivé, on m'a parlé d'autre chose !
Malgré les blessures et les humiliations je continue à aimer la France :
Je me suis fait des amis en France,
Amis qui me soutiennent malgré mon désespoir.
Continuez à m'encourager, Amis,
Grâce à vous je vais continuer à aimer la France.
Je vous aime, mes amis, vous qui êtes adorables
Et merci pour tout.
Bayo Sekou
03 février 2008
Directive Rétention et Expulsion : Réponse d'une Députée Européene
Le Collectif Amienois des Sans Papiers a interpellé différents Députés Européens à propos du projet de directive européene concernant la rétention et l'expulsion des personnes Sans Papiers.
Ce projet comprend notamment la possibilité d'enfermer un Sans Papiers pendant 18 mois dans un centre de rétention !
Ci dessous la réponse d'Adeline HAZAN Députée au Parlement Européen membre du groupe PSE :
Madame, Monsieur,
Dans un récent courrier vous m'avez fait part de vos préoccupations concernant le projet de directive du Parlement européen et du Conseil relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier (COM 2005-0391). Aussi je tenais à vous informer des éléments suivants.
La commission des Libertés civiles, de la Justice et des affaires intérieures qui a suivi ce dossier depuis septembre 2005. Elle a désigné Monsieur Manfred WEBER, député PPE allemand, comme rapporteur sur ce dossier.
De mon côté, j'ai eu l'occasion de suivre de près ce dossier en tant que rapporteur pour le Groupe des Socialistes européens. La commission des Libertés a adopté, le 12 septembre dernier, un certain nombre d'amendements au texte originel (rapport Weber A6-0339/2007), permettant des avancées conséquentes sur les garanties apportées aux personnes retenues dans les États membres
européens. Il était en effet crucial de renforcer le volet humain de la proposition de la Commission européenne par rapport à son volet répressif, et plusieurs points montrent que nous y sommes parvenus :
- les expulsions collectives sont empêchées ;
- la situation des ressortissants de pays tiers faisant l'objet d'une procédure d'expulsion sera examinée au cas par cas, en tenant compte de critères individuels et objectifs ;
- contrairement à la proposition initiale qui envisageait de renvoyer les ressortissants de pays tiers dans n'importe quel pays tiers, nous avons obtenu que cela soit limité au pays d'origine ou à un Etat de transit dans lequel le ressortissant d'un pays tiers a des liens solidement établis;
- les mineurs non accompagnés ne pourront pas être expulsés ,
- l'intérêt supérieur de l'enfant devra être pris en compte à tous les stades de la procédure la priorité est donnée au retour volontaire, avec un délai de 4 semaines au moins ;
- l'interdiction de réadmission n'est pas systématique et est révisable, contrairement au projet originel ;
- des voies de recours sont prévues ;
- une définition précise du risque de fuite est introduite pour éviter tout abus de cette notion permettant le placement en rétention ;
- une révision par un juge de la situation en rétention est prévue dans les 48 heures suivant l'arrivée en centre de rétention, puis au moins une fois par mois ;
- les ONG ont accès librement aux centres de rétention et peuvent porter assistance aux personnes retenues ;
- les personnes gravement malades ne pourront pas être renvoyées vers des pays où elles ne pourraient pas recevoir de soins.
Cette liste n'est pas exhaustive et je vous invite à prendre connaissance du rapport disponible à l'adresse suivante :
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&reference=A6-2007-0339&language=FR&mode=XML
D'une manière générale, avec mon groupe politique, le PSE, nous nous sommes battus pour que les conditions de rétention de ces migrants respectent la dignité humaine, et ce partout en Europe, en tenant compte des disparités d'un pays à un autre.
Nos efforts n'ont cependant pas permis de modifier de façon satisfaisante la question relative à la durée de rétention, fixée actuellement à 18 mois maximum (amendement 60). Au cours des négociations avec les autres groupes politiques j'ai toujours insisté sur le fait que si les autorités ne sont pas parvenues à renvoyer une personne dans la première semaine, la prolongation de ce délai s'avèrera le plus souvent inutile. Mon Groupe a voté pour une durée maximale de 3 mois mais l'alliance du PSE avec les Verts et la GUE sur cette question n'a pas suffi face à une majorité PPEADLE en faveur des 18 mois maximum.
A ce stade, et même si cette dernière disposition ne me parait pas du tout satisfaisante, je ne peux toutefois pas m'engager sur un rejet du texte dans sa globalité au jour d'aujourd'hui. En effet, je considère que la partie n'est pas encore perdue et que nous devons bien au contraire poursuivre nos efforts en participant pleinement aux discussions en cours et en travaillant pour changer ce texte qui, par ailleurs, offrirait de réelles garanties pour les personnes expulsables dans tous les Etats membres de l'Union européenne. comme indiqué plus haut.
Jugeant la durée de 18 mois inacceptable, disproportionnée et inefficace, le groupe des Socialistes européens a apporté, le 9 janvier dernier, son soutien à la position ferme que j'ai défendue, à savoir se battre pour une durée maximale de 3 mois.
Le vote en plénière, après plusieurs reports, ne devrait finalement intervenir que dans la semaine du 19 mai prochain à Strasbourg, le rapporteur souhaitant se donner encore du temps pour un possible accord en première lecture avec le Conseil (représentant les Etats membres de l'UE et partageant le pouvoir législatif à égalité avec le Parlement européen dans le présent dossier).
Vous devez également savoir que le projet de la Commission européenne a été très mal accueilli par le Conseil qui le juge bien trop laxiste à son goût et s'est peu empressé d'en discuter ces derniers mois. Il est évident que si ces discussions devaient trop nous éloigner des amendements positifs adoptés par la commission des Libertés et si elles devaient prendre une tournure exclusivement répressive, nous serions difficilement en mesure de soutenir un tel texte.
En espérant que nos positions communes pourront être partagées par la majorité des parlementaires ainsi que par les gouvernements au Conseil, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l'expression de ma considération distinguée.
Adeline HAZAN, Députée européenne
31 décembre 2007
REPRESSION AU CENTRE DE RETENTION DE VINCENNES
une cinquantaine de CRS sont entres dans le centre de retention pour
mater la revolte et faire sortir de la cour ceux qui refusaient de
rentrer dans les chambres. Au telephone, on entend des cris et des
coups... un mec s'est fait tabasser a coups de casque et ne bouge plus,
plusieurs blesses, ca hurle dans tous les sens ! ! ! !
demain il devrait y avoir une conference de presse au Mesnil Amelot je
crois... il est vital de faire circuler au maximum ce qui se passe au
centre de Vincennes et la repression qu'ils sont en train de subir. Se
preparer aussi eventuellement contre des tentatives d'expulsions
BRISONS LA REPRESSION ! ! !
DANS LES CENTRES DE RETENTIONS, LA RÉVOLTE A COMMENCÉ
Le 15 décembre une révolte a commencé au centre de rétention du
Mesnil-Amelot : cahiers de doléances, revendications écrites sur les
vêtements, refus d'entrer dans les chambres, grève de la faim… Elle
s'est étendue au centre de rétention de Vincennes où de nombreux
sans-papiers ont rejoint la grève de la faim et refusé de rentrer dans
leurs chambres. La répression n'a pas tardé. 150 CRS sont entrés dans le
centre de rétention pour les réprimer. On compte trois blessés parmi les
grévistes. La police a refusé d'appeler le Samu. Certaines personnes ont
été isolés. Mais les grévistes ont exprimé leur détermination à ne pas
céder.
En cette fin d'année, les préfets ont reçu le message d'accélérer les
rafles pour atteindre le chiffre de 25000 expulsions fixé par le
ministère de Hortefeux. Le harcèlement quotidien des sans-papiers s'est
encore accentué. Les arrestations ont lieu partout : lors de démarches
administratives, dans les préfectures, les commissariats, devant des
consulats, les écoles, au travail, dans la rue, le métro, aux domiciles…
À Rennes, à Bordeaux, à Paris et un peu partout en France et en Europe,
ces derniers mois ont vu de fortes mobilisations contre les centres de
rétention. Donnons de l'ampleur à ce mouvement. Soutenons la révolte des
sans papiers. Agissons maintenant pour la fermeture de tous les centres
de rétentions.
LA RÉVOLTE A COMMENCÉ…
Premiers signataires : 9ème Collectif des Sans-Papiers, Sierra Maestra,
Témoignage au CRA de Vincennes le 30 décembre 2007.
« Nous ne sommes pas des bêtes sauvages, ni des chiens ! »
Il y a à peu près un mois, un sans papier s'est évadé du centre de
rétention de Vincennes. Depuis cet évènement, les policiers sont
particulièrement énervés et virulents envers les « retenus ». Par
exemple, ils entrent dans les chambres pour faire des fouilles à
n'importe quelle heure de la nuit, ils font entre 8 à 10 rondes par 24
heures, au lieu de 3 habituellement. Suite à cette évasion, les
policiers ont eu pour ordre de dénombrer, tous les soirs, les
sans-papiers pour vérifier qu'aucun ne s'est enfui. Avant hier, les
retenus n'ont pas accepté de se faire comptabiliser comme du bétail et
ont refusé de remonter dans leur chambre. Les policiers ont appelé les
CRS en renfort qui ont passé une partie de la nuit à Vincennes. Hier
soir, routine. Les policiers exécutent leur tour de surveillance et
accusent un homme en train de fumer d¹avoir fait entrer un briquet en
rétention. Ils le menottent pour l¹emmener en isolement. Les autres sans
papiers jugent cet acte injustifié et interpellent à leur tour les
policiers pour leur demander de le relâcher. Ils font valoir leurs
droits et leur refus de l'arbitraire. Mouvement de masse, violences
policières, au final, il y a trois blessés légers parmi les retenus. Ils
ont vu un médecin, apparemment pas de jambe cassée. Les CRS sont revenus
en renfort et sont restés jusqu'à 4 heures du matin.
Ces incidents se situent dans un contexte plus général puisque c¹est
suite au transfert d¹un sans papier de Roissy vers Vincennes que les
informations sur les évènements de Mesnil Amelot ont circulé et qu'une
grève de la faim a commencé il y a trois jours : sur approximativement
260 personnes retenues réparties dans les deux centres de Vincennes, la
moitié serait en grève de la faim aujourd'hui.
Depuis trois nuits, les retenus se mobilisent pour dénoncer les
conditions de rétention déplorables : un simple filet d'eau chaude dans
les douches, du chauffage parcellaire, mise en isolement sans motif,
humiliations et violences policières gratuites, destination d'expulsion
parfois arbitraire (un Algérien devait aujourd'hui être expulsé vers le
Maroc, il ne serait pas sorti du centre de rétention suite aux
mobilisations de ses collègues sans papiers), et encore non respect de
la dignité et des droits de l'homme... Les retenus dénoncent aussi les
pratiques du personnel médical : des jours pour obtenir un simple
doliprane, des maladies contagieuses qui se transmettent à profusion. Un
sans papier explique que "les docteurs préfèrent soigner leurs relations
avec la préfecture plutôt que de déclarer que les situations médicales
de certains retenus sont incompatibles avec la rétention". Au téléphone,
on entend des termes tels que « désobéissance civique » et le brouhaha
général présage d'une évolution mouvementée. Les sans papiers semblent
remontés, prêts à ne pas céder, d'autant plus qu'ils ont réussi à éviter
une expulsion aujourd'hui, ils sont soutenus à l¹extérieur, forts de
leurs dénonciations, par contre, et à mon avis à juste titre, ils
« redoutent le pire pour ce soir ».
25 octobre 2006
Le Bilinguisme : Une richesse
Compte rendu du colloque sur le Bilinguisme organisé par le CASP le 25 octobre 2006.
Avec Jean
Michel Eloi socio-linguiste, à l'université de Picardie Jules Verne directeur du laboratoire de l’ESCLAP
Thérèse
Tati, professeur dans un collège d’Amiens. Accueillante des enfants
primo arrivants ne parlant pas français.
Le Compte rendu : Colloque_Bilinguisme.pdf
Le Dossier réalisé par le CASP : Dossier_Bilinguisme.pdf
Une bibliographie sur le Bilinguisme : Bibliographie_Bilinguisme.pdf
Il y a 77 pays officiellement
au minimum bilingues dont 20 en Europe. Ce qui veut dire que le nombre des
personnes parlant plusieurs langues est supérieur à celui des personnes n’en
parlant qu’une.
Par exemple, l’Inde reconnaît
18 langues officielles dans sa constitution. 3000 langues régulières et
dialectes différents sont parlées par ses habitants.
La France métropolitaine a du mal a accepter ses langues régionales : breton, basque, alsacien. Mais dans les dom tom on parle créole. De même, pour les délivrances de carte de séjour, la circulaire ci-dessous nie la culture et la langue du Pays d'origine des migrants et de leurs enfants:
Circulaire n° : Paris, le à
NOR/INT/K/06/00058/C 13 juin 2006
III- Réexamen de la
situation en vue d’une admission au séjour à titre exceptionnel et humanitaire
Ce réexamen pourra vous
conduire à admettre au séjour certaines familles, de manière exceptionnelle et
humanitaire, dans l’intérêt des enfants, afin de leur permettre de sortir d’une
situation de précarité et de pouvoir bénéficier des conditions d’une
intégration satisfaisante en France.
Dans le cadre de votre
pouvoir d’appréciation, vous pourrez utilement prendre en compte les critères
suivants :
- Résidence habituelle en France depuis au moins deux ans à la date de la publication de la présente circulaire d’au moins l’un des parents.
- Scolarisation effective d’un de leurs enfants au moins, en France y compris en classe maternelle, au moins depuis septembre 2005 ;
- Naissance en France d’un enfant ou résidence habituelle en France d’un enfant depuis qu’il a atteint au plus l’âge de treize ans.
- Absence de lien de cet enfant avec le pays dont il a la nationalité
- Contribution effective du ou des parents à l’entretien et à l’éducation de l’enfant dans les conditions prévues par l’article 371-2 du code civil depuis sa naissance ;
- Réelle volonté d’intégration de ces familles, caractérisées notamment par, outre la scolarisation des enfants leur maîtrise du français, le suivi éducatif des enfants, le sérieux de leurs études et l’absence de trouble à l’ordre public.
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« Passer d’une rive à
l’autre » Que penser alors de l’obligation faite aux
migrants de parler le français dans le projet de loi sur l’immigration de M. Sarkozy ? Des préjugés extrêmement nocifs pour les migrants et leurs enfants sont renforcés à grande vitesse. Les linguistes ont montré que les enfants apprennent plus facilement le français lorsqu’ils ont plaisir à parler leur langue maternelle le soussou, le berbère, l’arabe ou le mandarin ! Dans les populations d’enfants de migrants qui réussissent très bien à l’école, j’ai pu mettre en évidence deux facteurs importants : d’une part le bilinguisme additif (l’enfant maîtrise également l’une et l’autre langue ainsi que les univers de représentations associés) et d’autre part l’existence, dans le parcours de l’enfant, d’un adulte. Un adulte qui servira d’initiateur dans l’apprentissage du nouveau monde. Ces figures de guide permettent aux enfants de transcender ce qui les vulnérabilise le plus, c'est-à-dire les clivages entre le monde de la maison et l’extérieur. Cette donnée est renforcée par un autre résultat que j’emprunte au chercheur en sciences de l’éducation Bernard Charlot. Selon lui les élèves en difficultés disent écouter la maîtresse alors que les élèves en réussite prétendent écouter la leçon. J’ai voulu tester ce résultat sur les enfants de migrants. Il semblerait que « l’effet maîtresse » soit plus important. Une caractéristique que l’on doit aussi prendre en compte dans ces réussites labiles de certains enfants de migrants, qui, alors qu’on les croyait résistants à la difficulté, voire résilients, se cassent brutalement lors d’un changement de classe ou d’enseignant. Maire Rose Moro, ethnopsychiatre, extrait d’interview dans
le Monde de l’éducation de juillet août 2006 |
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Il concerne :
(Claude Stoll) Il y a :
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«Aucun élève ne parlait la langue » Je suis Savithri, enseignante dans une école située dans une forêt du parc national de Nagarhole (état du Karnataka –Inde-) où vivent les tribus Jenukurubura. La plupart de mes élèves ne parlent que le jenundi, la langue tribale, je leur apprends aussi le kanada, langue officielle de l’état. Cette école soutenue par le DEED- Developpement trough education est une école « alternative », adaptée aux spécificités culturelles de mes élèves. Au départ mes élèves refusaient de se rendre à l’école gouvernementale. Rien ne leur était adapté : aucune leçon ne se raccordait au quotidien et à l’expérience Jenukurubura et l’enseignement ne se faisait qu’en kanada, langue qu’aucun élève ne parlait. Les enseignants, mutés par le gouvernement, ne savaient rien de la culture tribale. Dans plusieurs cas, ils ont mal compris les populations qu’ils ont alors considérées comme non civilisées et frustres. L’engrenage de l‘exclusion s’amorçait et de nombreux enfants n’étaient plus scolarisés. Aujourd’hui j’enseigne à ses enfants avec des outils pédagogiques qu’ils comprennent et peuvent utiliser… Aide et action le magazine n° 100 |
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Un immigré peut donc être français s’il a été naturalisé. Inversement un étranger né en France ne sera pas considéré comme un immigré.
Bon nombres d’idées circulaient sur le fait que l’enfant possédait moins de compétences dans chacune des 2 langues, même sa langue maternelle. Un chercheur américain a même
essayé de prouve |
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L’enseignement du français On le sait bien aujourd’hui par les travaux sur l’apprentissage, c’est à partir de ce que l’on sait déjà que l’on peut apprendre autre chose, cela ne peut se faire qu’en s’appuyant sur un savoir antérieur. En matière de langue, une langue étrangère ne peut être apprise de la même manière que la langue maternelle : celle-ci est nécessairement présente comme élément de comparaison et d’appui, et il est impossible de faire abstraction de cette donnée. Comme chacun le sait, et en dépit des formules généralement utilisées, on ne recommence jamais ni sa vie ni sa langue… on les continue, plus ou moins bien, en modifiant ce qui avait été mis en place auparavant Évelyne Charmeux, professeur honoraire IUFM Dialogue n° 87
« Cultures, singulier, pluriel » automne 1997 |
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Le bilinguisme apparaît comme une solution au problème de la
disparition des langues. En effet 90% des langues sont actuellement
menacées de disparition avant la fin du XXI siècle. Une telle
perspective constitue un appauvrissement jamais rencontré dans
l’histoire de l’humanité. Préserver le patrimoine linguistique menacé
participe au sauvetage du patrimoine culturel de l’humanité. (Claude Stoll)
Autriche |
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Les causes
du bilinguisme officiel · Assurer une paix sociale : éviter les conflits ouverts entre la
majorité dominante et la minorité dominée · Unifier politiquement un pays multilingue : · Privilégier une langue minoritaire forte : si la minorité bénéficie d’un poids
politique important (Canada) · Préserver une identité ethnique : pour les anciennes colonies où la langue
officielle et administrative est celle de l’ancien colonisateur.(Brésil) · Assigner à une langue un rôle symbolique : l’irlandais en Irlande, le créole à Haïti servent
plus d’identité culturelle Alors que la langue maternelle est l’anglais pour
les uns, le français pour les autres · Respecter les contraintes constitutionnelles : les états non souverains s’accommodent du
bilinguisme imposé par l’état central (Espagne, Inde…) · Assurer le développement économique : · Assimiler les minorités : le bilinguisme sert surtout à éviter de très
graves conflits entre les groupes en
présence. |
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La population immigrée en France Enquêtes annuelles du recensement 2004 et 2005 INSEE A la mi-2004, la France métropolitaine comptait 4.9 millions d’étrangers, (760 000 de plus qu’en 1999) soit 8.1 % de la population totale. 40% d’entre eux avaient la nationalité française :
Depuis les années 1990 la France présente un solde
migratoire deux fois et demi inférieur à la moyenne des autres pays
européen.(statistiques d’eurostat) Selon Michèle Tribalat,
démographe à l’INED, près de 14 millions de français avaient en 1999 un
parent ou un grand parent étranger (Population
2004 n°1 INED) |
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